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Section Judo de LABAROCHE 
l'Histoire du Judo
Jigoro Kano (1860-1938 ) est né à Mikage ,au  bord de la mer intérieure, près de kobe, dans une famille bourgeoise (c'étaient des fabricants de saké, alcool de riz;), aisée et protégée en haut lieu en ces temps de bouleversements sociaux et économiques. Très intelligent mais petit et frêle, le jeune garçon est envoyé chez des amis à Tokyo pour y étudier. Il souffre de la violence des élèves plus grands, dont beaucoup appartiennent à l'ex-noblesse féodale et ont à l'école un comportement altier d'un autre temps. Il n'a pas encore quinze ans lorsqu'il entend parler du Jiu-jitsu: une discipline qui, dit-on, permet au faible de s'opposer au plus fort. Mais le Jiu-jitsu public de Tokyo était discrédité comme étant une pratique violente et tout à fait immorale, inadaptée à la bourgeoisie qui était en train de naître. Il doit donc y renoncer jusqu'à ses dix-huit ans (au japon, on compte une année en plus qu'en occident, on considère que l'enfant à sa naissance a déjà un ans). On lui permet alors de louer une chambre (qu'il partage avec son serviteur Tsunejiro Tomita qui deviendra le premier des dixièmes dan) chez le moine Asahi Sumpho dans le temple de Eisho. Il devient alors élève à Tenshin Shinyoryu d'abord avec avec Hachinosuke Fukuda puis avec Masatomo Iso. Ces maîtres remettent leurs espoirs à l'intelligence de Kano et lui confient les densho (livres secrets) de l'école. Après la mort de son second maître, Kano rencontre Tsunetoshi Likubo, générale du Shogun qui, au terme des hostilités entre les samouraïs et l'empereur, fut envoyé en exil dans une province agricole. De retour dans la capitale, il avait trouvé un emploi auprès du ministère des postes et des chemins de fer. Likubo vient d'une école militaire et pratique le Kito-ryu avec élégance rare, il est expert de Kata. Il n'a pas de dojo où enseigner et Kano loue une petite chambre du temple pour pouvoir prendre des leçons. Kano a 23 ans, il est diplômé, il enseigne et donne des cours privé. Il lui est facile de réunir autour de lui des amis et des étudiants (la première année ils sont huit sur un tatami de 24 m²). Nous sommes en 1882 et l'on considère cette date comme étant la date de naissance du Kodokan (les premières inscriptions se signaient avec le sang). En raison de la foule de plus en plus nombreuse, l'année suivante, le dojo de déplaça et s'installa dans l'ancienne salle de billard d'un prince. Il n'est pas facile alors à Likubo d'y aller et on l'y voit rarement. Kano y enseigne et se fait assister de Tomita. En même temps, il fait la promotion des idéaux du judo auprès des autorités civiles, militaires et politiques en mettant à profit les amitiés de carrière et de famille. Le Jiu-jitsu de Tokyo supporte mal la concurrence de Kano: il cherche à le discréditer, il organise des embuscades et même un dojo-yaburi ou dojoarashi (qui signifient "détruire le dojo" ou "tempête sur le dojo" ) brillamment repoussé par Shiro Saïgo et Sakujiro Yokoyama (Jiujitsuka devenus élèves de Kano). Kano fonde de nombreuses sections de judo auprès de la police (en s'offrant la primeur de l'enseignement au cours de la marine et du Butokukai de Tyoto (organisation impériale pour l'éducation des jeunes où une assemblée mixte réunissant le Kodokan et le Jiu-jitsu formule le Randorino-kata ). Le judo-Kodokan s'affermit surtout en tant que règlement de compétition: les écoles de Jiu-jitsu de l'archipel acceptent cette nouvelle façon de voir les choses, désireuses de se mesurer sportivement. Kano établit la formule complète du Judo-Kodokan en 1922 quand, à l'occasion d'une fête donnée en l'honneur de l'empereur, il présente au public le nouveau Go-Kyo (de 1921), les six Kata fondamentaux et déclare que le but du Judo est l'amitié et la prospérité mutuelle (Ji-ta-Kyo-ei) gagnées grâce à une meilleure utilisation de l'énergie (Sei-ryo-ku-zen'yo). Entre 1920 et 1930, l'ambiance du Judo est chaude (parallèlement au succès de la lutte dans le monde occidental). Le Kodokan, l'association des écoles professionnelles (Kosen) et l'organisation impérial pour la jeunesse (le Butokukai qui en est arrivé à compter jusqu'à 2 500 000 inscrits au Japon même et dans ses colonies; son siège central est le Budo-senmon-gakko ou Bu-sen de Kyoto) offrent un contraste étonnant. A cette époque ont lieu des compétitions nationales, qui ne deviendront les championnats du Japon qu'en 1930. Au Japon le Ko-sen, très au point dans la lutte au sol, fit fédération à part car il contestait les règlements du Kodokan. L'appui du gouvernement fit du Butokukai une source de champions imbattables jusqu'en 1945, année où cet institut fut aboli par une clause bien précise du traité de paix. En 1935, Mikono Suke Kawaishi et Gunji Koizumi arrivèrent en Europe , le premier en France ,le second en Angleterre. L'un venait de Bu-sen, l'autre de Kito-ryu Jiu-jitsu. On les considère comme les pères du Judo européen. Jigoro Kano laissa la présidence du Kodokan pour des raisons d'âge, à son neveu Nango Jiro. As de l'aviation militaire, Nango Jiro fut remplacé en 45 par le fils de Kano: Risei, premier président de la fédération internationale du Judo. Immédiatement après les  premiers jeux, Risei Kano, suite à la polémique sur les catégories de poids, fut remplacé par l'Anglais Palmer qui affermit encore avec des règlements le Judo athlétique, valorisant ainsi la conception sportive que l'on avait en Europe. Après Palmer, la direction sera prise par le japonais Matsumae, lui-même suivi par un argentin. En Europe et au Japon, on connaît actuellement une crise du Judo, aussi bien dans le nombre de ses pratiquants que dans sa participation aux grands événements sportifs. Le Kodokan a consacré à ce problème les études de célèbres pédagogues et psychologues (Bulletin of the Association for the Scientific Studies on Judo Kodokan 1978). Les Européens proposent de constituer une Fédération Internationale du Judo Traditionnel qui viendrait s'unir à la fédération sportives, en sauvegardant toutefois les valeurs éducatives, culturelles et sportives que tous les organismes à structures agonistique finissent par occulter.
Jigoro Kano